vendredi 25 avril 2008

Majorque


Bon, petit post pour essayer de montrer que les îles Baléares (ici Majorque) ne se résument pas à des grands complexes hoteliers et plages bondées.








PARCOURS













C'est pas dur, la chaîne montagneuse se trouvant sur la côte Ouest de l'ïle, on a passé notre séjour à la parcourir en randonnant, grimpant, prenant le bus, le bateau, en faisant du stop...
On est donc passés par Palma puis la Serra de Tramuntana : Valldemossa, Deïa, Porto Soller, la Calla sa Calobra et le torrent de Pareis, Lluc, Polença, le cap de Formentor, Soller et de nouveau Deïa parce que c'était trop beau.
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EQUIPEMENT


J'avais pris mes vêtements préférés pour 8 jours dont 8 tee shirts, plein de jupes et sandales très utiles en rando et ma serviette de plage, 3 romans, le duvet en plumes, 1 thermarest et il fallait aussi participer au coltinage du matos d'escalade (corde, dégaines, baudrier... ). Avec tout ça, on obtient un sac pesant 18kg sans compter l'eau.



Au moins, ce séjour aura servi de test : il est désormais avéré que le sac à dos "bigpack Khumbu 60" de Lafuma est pratique et confortable.
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Pour toi, Janie...

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LOGEMENT

2 nuits a Palma chez Cathy (couchsurfing).

On a papoté autant que faire se peut en anglais avec notre hôte. On a parlé de fêtes de la bière et de concours de sautillement. Les bases, quoi.
Cathy était fan de jeux vidéo, y avait des consoles, DVD et télés plein l'appart.
Comme je suis une brelle question wii, ps2..., on s'est battues sur mon terrain : TETRIS. J'ai gagné haut la main (il a quand même fallu 20 manches pour qu'elle reconnaisse ma supériorité). Bon, bien sûr, on aurait joué à n'importe quoi d'autre, j'aurais moins fait la fière ; mais là, c'était la gloire.

A part ça, Palma en jette : des patios à tous les coins de rue, du palais arabe, la cathédrale, la mer et les sandwich à la tortilla commandables à toute heure, ça ne laisse pas indifférent.

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Une nuit au refuge de Deïa.


Huu, on était partis pour 8 jours de montagne = falaises, mer et petits villages escarpés. On a donc dormi dans les refuges, monastères, coins de prés ou calanques paradisiaques.
Sur l'île, les refuges sont quasiment neufs, gérés par la région, à 10.80 euros la nuit, on réservait 2 jours à l'avance.



Oui oui, là-bas, les arums poussent dans les ruisseaux et au bout des randonnées, on se retrouve dans des supers calanques...
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Une nuit au refuge de Muleta Soller

Même s'il ne ressemblait à rien, tu serais content d'y arriver après une journée de marche avec ton énorme sac à dos. En l'occurence, il ressemble à quelque chose, situé sur un cap donc exposé à tous les vents et parfait pour admirer le coucher du soleil entre 2 plats roboratifs. Grand dortoir genre grange avec poutres apparentes. Jeux d'échec, de baggamon et revues de grimpe à disposition. Bon bin validé.

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Une nuit dans un pré vers Lluc Tu t'endors pami les pâquerettes et arums. Tu t'es rendue compte que, bien que myope comme une taupe, t'arrivais à voir quasiment toutes les étoiles. Alors ça va. Rajoutons au tableau qu'au beau milieu de la nuit, tu te fais réveiller par les moutons qui t'encerclent et dont les cloches tintinabullent au grès des hochements de tête. Hihi.
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Deux nuits au monastère de Puig Maria


















Un spot au-dessus de Polença. Monastère du XV°S avec une vue hallucinante sur la baie. On y était seuls avec le couple de gardiens. Ils avaient un petit appartement dans une aile du monastère, on disposait du reste : grande chambre version cellule, longs couloirs, chapelle, cuisine commune avec feux de bois entretenu par tu sais pas qui, immense réfectoire... A 20h00, la sonne cloche, tu dois quitter ton jardinet ensolleillé, virer le chat qui t'étais monté sur les genoux et aller te mettre à table pour te faire servir. On y est restés deux nuits, la chambre pour 3 était à 22 euros. Pas de regret :-)
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Une nuit au refuge de pollença

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Une nuit en bivouac dans la calanque de Deïa.

A l'aller, on n'avait pas osé se poser n'importe où.
Comme on était maintenant dans le sens du retour, la logique était inverse. Donc paie ta nuit sur une dalle dans la calanque à l'eau turquoise.


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Une nuit sur les bancs devant le lac Léman (Suisse)
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Notre avion aterrisait vers 22h à Genève, le premier train pour Lyon était à 05h58 le lendemain matin et, vu la semaine qu'on venait de passer on ne se voyait pas payer une chambre d'hôtel au prix fort.
En théorie, on allait dormir à la gare ou l'aéroport... en pratique, on n'a pû que constater que tout était fermé entre 00h00 et 04h30, et qu'il faudrait poireauter sur le trottoir.

On n'a quand même pas osé sortir les duvets, donc on dormait chacun notre tour 1/2 heure, et quand on avait vraiment trop froid, on partait marcher un peu, avec tout notre bardas sur le dos. Sans transition, les prostituées sont au Sud de la gare, les boîtes à l'Est, c'est mort à l'Ouest et on a eu la flemme de partir vers le Nord. Les seules personnes qui nous ont adressé la parole avaient toutes manifestement trop bu. Ca c'est du retour à la civilisation.
Je crois que la prochaine photo est ma préférée : on est au bord de l'hotel "beau rivage" alors que la mer est à dâche, et je suis en bas de la photo, sur un banc, en train de lire le journal à l'aide de ma frontale (on ne voit qu'elle, bin je suis dessous).



LIEUX CHOISIS EN VRAC

La cala Sa Calobra et le torrent de Pareis.


On a crevé le budget pour rejoindre la calanque en bateau (10 euros par personne).
Le super port d'embarquement est Port Soller. On navigue donc avec plein d'allemands pour arriver directement sur "the" Cala Sa Calobra.
Là, une fois qu'on avait abandonné nos sacs à dos dans le premier bar rencontré, on est d'abord allés crapahuter dans le torrent à sec. Ca ressemblait à un parcours de boc géant, sous le soleil et encore plus beau que ce que j'avais vu jusqu'à là. Enfin fallait quand même sortir toute sa culture grimpistique pour arriver à progresser et c'est ce qu'on a fait.



De retour dans la calanque, on est tombés sur les quelques touristes du coin. Deux monsieurs faisaient les farauds car ils venaient d'enchaîner trois mouvements de crawl dans l'eau fraîche... CHALLENGE !
Le
seul truc qui me retenait un peu, c'était le fait qu'on sortait de notre rando escalade sous le soleil et que je craignais l'hydrocution au contact de la mer. Bin ça n'a pas eu lieu et pour mettre tout le monde d'accord, je suis restée 1/2 heure dans l'eau à exécuter tous les mouvements qui me venaient en tête, histoire de ne pas geler. Ca a donné une magnifique suite de brasse, phoques, étoiles de mer, roulades avant, dos crawlé, canards, roulades arrières... tout un spectacle. Bon, j'ai moins assuré sur la sortie, y avait des saletés de galets et je marchais n'importe comment en direction de ma serviette. A ce détail près, la grande classe.


















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Le cap de formentor.


Tout au Nord de l'île, les randonnées et la grimpe étaient au programme. Comme les chemins étaient mal indiqués, on a dû surfer sur les pierriers pour rejoindre de nouvelles criques (tu cours en enfonçant les talons, tu ne t'arrêtes pas pour ne pas être rejointe par les pierres qui roulent derrière toi, et tu gardes de la distance avec ton partenaire de rando pour qu'il ne soit pas victime d'un rocher auquel tu aurais donné trop d'élan. Des fois, tu es entraînée avec la masse de pierres : rigole sans essayer de gérer quoi que ce soit).
Y a aussi eu de la marche d'approche épique en direction de falaises grimpables qu'on avait pas assez bien localisées. Ca a donné du crapahutage dans de la pente bien raide à se retenir à tout ce qui passait (hautes herbes et jeunes palmiers) et à ne pas regarder derrière soi. Là, je lutte dans l'angle en bas à droite de la grande photo.


Vue des falaises : la mer des 2 côtés sachant qu'on était sur un cap. Crochets adhérents et petit vent qui fait qu'on ne voit pas venir le coup de soleil, armé pour toute protection de son dos-nu rose...
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Ensuite, tu retournes en bord de mer, dans des endroits plus civilisés et c'est pas mal non plus :









  • Demis en terrasse à Deïa

On a entendu du bruit, alors on est montés. On est tombés sur le second spot de l'ïle, alors on est restés.

A Deïa, le long de la rue principale, trouver la volée de marches qui vous permet d'accéder au bar paradisiaque qu'est le Café Sa Fonda. La-haut, une fois les sacs à dos posés, on s'installe à une place de choix, en plein milieu, quoi, et on se met à profiter du cadre...

Soleil et petit vent, ombre apportés par la pergola en vigne vierge. Des plantes grasses de ci de là sur la terrasse en étages. Musique d'ambiance electro/jazz et bavardages espagnols en bruit de fond. Les demis sont à deux euros. Une dame a un rire de cheval. J'ai oublié de préciser qu'on avait vue sur les montagnes, des maisons en pierres et des palmiers, que l'épicerie était juste en dessous pour optimiser le ravitaillement en chips et que les oiseaux tentaient aussi de chanter, mais que je ne les distinguais pas bien à cause du barrouffe fait par les habitués du coin. Faut dire que chaque personne qui arrive commence par distribuer des bonjours et des bises à droite à gauche et que tout le monde s'interpelle de table en table. Y a même des odeurs de "beu" qui flottent dans l'air, du monde qui joue au baggamon, des enfants qui courent de partout, des starlettes de 40 ans et des jeunes papas bien à mon goût. Les gens enchaînent les demis. Moi aussi. La dame au rire de cheval est à fond. On dirait que tous les gens du village se sont donnés rendez-vous sur cette terrasse. On est maintenant 36.

On est heureux de se trouver là (sur l'île, dans le village, à cette terrasse) par hasard, bien contents d'improviser nos journées et d'enchaîner les découvertes sympathiques, conscients de notre chance. Hou, ils viennent d'allumer les loupiottes. Ca doit être de la lampe fée, ça éclaire que dalle. Reste à décider de notre plan bouffe de ce soir. Concernant le logement, le choix est déjà fait : ce sera un bivouac dans "the" Cala Deïa, une bonne nuit sur les dalles avec le bruit des vagues, histoire de vraiment profiter du lieu. Demain, on devra se rendre à Palma pour prendre l'avion du retour et cette perspective ne nous motive que très moyennement.